Planter un arbre adulte : ce qui se passe vraiment, de la pépinière à la reprise

Pépinière, motte, grue, ancrage, arrosage : comment un arbre de 10 ou 20 mètres de haut arrive dans un jardin et reprend. Les étapes sont cruciales et les erreurs à éviter sont nombreuses.

Un jardin neuf peut mettre quinze ans à ressembler au dessin. Un arbre adulte donne l'ombre, l'échelle et la structure le jour même. Encore faut-il qu'il reprenne.

Cette expertise, Bradabois a eu la chance et l'opportunité de la développer depuis 20 ans. Une expertise reconnue par de grands paysagistes et recommandés par les plus belles pépinières d'Europe

Un arbre de grande force ne se plante pas comme un fruitier en racines nues. Il pèse très lourd avec sa motte, voyage sur un camion, descend à la grue et dépend pendant des saisons de ce qu'on a fait le jour de la plantation. La plupart des échecs ne viennent pas de l'arbre. Ils viennent de nombreux éléments. La rigueur des transplantations, du trou, de l'amendement, du drainage, de la profondeur et de l'arrosage.

La transplantation, l'élément ignoré de tous

La transplantation, c'est quoi ? C'est simple à comprendre, mais délicat à exécuter.

Un arbre laissé en place pousse ses racines loin et en profondeur, à la recherche d'eau. Le jour où on le lève, la machine qui déterre coupe presque tout ce qui nourrit l'arbre : les racines fines sont restées à plusieurs mètres de la motte.

En pépinière de qualité, l'arbre est déplacé rigoureusement, à intervalles réguliers : en général tous les trois ans pour les feuillus, tous les quatre ans pour les persistants. Chaque coupe oblige les racines à se ramifier près du tronc. Au fil des années, l'arbre concentre un tissu racinaire dense dans un volume compact. C'est ce volume qui deviendra la motte.

Ce qui complexifie la tâche c'est pour un arbre de 15m de haut. Il pèse plusieurs tonnes mais la règle ne peut pas être contournée.

Résultat : quand l'arbre arrive dans votre jardin, il emporte avec lui l'essentiel de ses racines actives. Il peut boire dès la plantation.

Choisir le sujet à la pépinière, pas sur catalogue

Bradabois fait principalement le choix sur place, arbre par arbre. Deux sujets de même essence et de même circonférence n'ont jamais la même charpente. Et sur un sujet de 15 mètres de haut, la différence est remarquable

  • La circonférence : elle se mesure à 1 m du sol et sert d'unité de taille. Au-delà de 25-30 cm, on change de catégorie : machine lourde, convois exceptionnels, ancrage spécifique invisible, arrosage plus volumineux sous terrain.
  • La charpente : flèche intacte, branches bien réparties, pas de fourche serrée qui fendra dans vingt ans, ou simplement suivre un besoin spécifique du client
  • La motte : ferme, enveloppée de toile et de grillage, jamais sèche. Une motte qui s'effrite au chargement, c'est un arbre qui a perdu une partie de ses racines fines.
  • L'essence par rapport au sol : le sol sablonneux de Wavre n'accueillera pas les arbres de la même façon qu'un sol argileux à Waterloo ou encore un sol rocailleux dans le midi de la France.

Nos arbres viennent de pépiniéristes spécialisés dans les grandes tailles, en Belgique et aux Pays-Bas : Solitair à Loenhout pour les sujets de caractère, cépées et formes taillées - probablement la plus prestigieuse ; Arbor à Hulshout ; De Bruyn à Begijnendijk pour les arbres d'avenue de grande force et les multi-troncs ; et Ebben à Cuijk, qui cultive des arbres depuis 1862. La liste n'est pas exhaustive : selon l'essence et la forme recherchées, certains sujets viennent aussi directement d'Italie ou d'Europe de l'Est.

La bonne saison : le repos végétatif

Les arbres cultivés en pleine terre et livrés en motte se plantent pendant le repos de la végétation, de mi-octobre à mi-mars selon la météo. Les arbres élevés en conteneur se plantent toute l'année, mais une plantation d'été demande une surveillance rapprochée.

En pratique, l'automne est la meilleure fenêtre : le sol est encore chaud, les pluies reviennent, les racines démarrent avant le printemps, et il reste tout l'hiver à la motte pour s'installer

Le chantier, étape par étape. Chaque détail doit être mesuré

  1. L'accès d'abord. Avant de choisir l'arbre, on vérifie que le camion et la grue peuvent arriver : largeur du portail, disposition de l'allée, câbles aériens, pente. C'est souvent ce point qui fixe la taille maximale du sujet. Mais il est rare que cela conditionne le choix
  2. La fosse. Environ 1,5 fois le diamètre de la motte en largeur. Le fond est décompacté et/ou drainé : une motte qui baigne dans l'eau en hiver risque de pourrir. Terre de surface et terre de fond sont stockées à part et remises dans l'ordre.
  3. La profondeur. On plante quelques cm plus haut que le niveau final, parce que la terre remuée se tasse de 5 à 15 %. Un arbre un peu trop haut s'en remet. Un arbre trop enterré s'asphyxie lentement.
  4. La pose. L'arbre se lève par la motte, avec une sangle protégée sur le tronc pour le guider. Jamais par le tronc seul.
  5. La motte. Une fois en place, on peut couper le grillage au niveau du tronc et on rabat la toile vers l'extérieur. Le reste se décompose en quelques années.
  6. Le remblai. Pas de matière organique enfouie à plus de 30 cm de profondeur : sans air, elle fermente au lieu de nourrir.
  7. L'ancrage. Au-delà de 25-30 cm de circonférence, les tuteurs simples ne suffisent plus. On passe à l'ancrage de motte enterré ou aux haubans. Des tuteurs invisibles autrement dit
  8. Le plombage. Un premier arrosage selon la taille et la météo, pour chasser l'air autour de la motte.

L'ancrage : ce qui tient l'arbre pendant que les racines s'installent

Un arbre adulte offre une prise au vent énorme alors que ses racines n'ont pas encore quitté la motte. Sans ancrage, il bascule ou oscille, et chaque oscillation casse les nouvelles racines.

L'ancrage de motte enterré a un avantage majeur dans un jardin : on ne voit rien. Pas de triple tuteurs en bois au milieu de la pelouse. Et pour un maintien parfait la motte doit être ferme et grillagée.

L'arrosage : là où se joue la reprise

C'est l'étape la plus sous-estimée. Un arbre en motte a été amputé d'une grande partie de ses racines à la pépinière. Pendant les premières saisons, il boit uniquement dans le volume de sa motte et n'est pas autonome

  • Une cuvette de quelques cm de haut, au diamètre de la motte, pour que l'eau descende là où sont les racines.
  • Des apports continu : nous préconisons un minimum environ 20 min par jour en soirée en intersaison via un goutte à goutte automatique. Dès que le temps chaud et sec revient, nous conseillons 2x 20 min par jour. Réparti comme tel : 1x tôt le matin et 1x le soir
  • Les persistants l'hiver : ils transpirent aussi par temps doux et peuvent avoir besoin d'eau en hiver, mais en Belgique c'est rare.

Un tuyau qui coule dix minutes au pied ne fait pas 300 litres. C'est l'erreur qu'on voit le plus. Il faut que l'eau percole. La meilleur manière est le goutte à goutte. Même logique que pour le reste du jardin : arroser peu souvent mais en profondeur.

La taille de plantation

Ce n'est pas obligatoire. On le fait rarement car la pépinière s'en charge. On peut réduire généralement le volume de couronne de 20 à 30 % pour équilibrer feuillage et racines. On garde la flèche, on retire les branches qui se croisent ou se frottent.

Certaines essences ne se taillent pas à la plantation : marronnier, noyer, tulipier, magnolia, et les arbres en forme architecturée. Sur les écorces lisses (érable, hêtre, tilleul), une protection du tronc évite les coups de soleil la première année.

Les erreurs qu'on voit sur les arbres qui ne reprennent pas

  • Planté trop profond : le collet trop enterré manque d'air, l'arbre dépérit lentement. Même pour de petits sujets.
  • Fosse trop petite dans l'argile : elle se comporte comme un pot sans trou. L'eau stagne, la motte s'asphyxie.
  • Arrosage au jet, souvent et peu : la surface est mouillée, la motte reste sèche. Alors qu'on croit presque la noyer c'est l'inverse qui se passe!
  • Liens oubliés : le lien serré finit par entailler le tronc.
  • Motte laissée au soleil sur le chantier en attendant la grue : les racines fines meurent en quelques heures. D'ou l'importance d'avoir une logistique parfaitement huilée
  • Écorce de pin dans la cuvette : elle consomme l'azote dont l'arbre a besoin.

Planter ou déplacer un arbre existant ?

La même technique sert à déplacer un arbre déjà présent sur le terrain, quand un projet de construction ou de terrasse le menace. C'est plus délicat : la motte se prépare sur place, parfois une saison à l'avance.

Ce que ça change dans un projet de jardin

Un grand arbre bien placé fixe la composition : il cadre une vue, cache un voisin, donne l'ombre sur la terrasse dès le premier été. C'est souvent la première chose qu'on positionne sur le plan, et la dernière qu'on plante, une fois le terrassement et les maçonneries terminés.

Chez Bradabois, la plantation de grands sujets est faite par la même équipe que le reste du jardin : voir notre métier, du terrassement à la plantation et nos jardins réalisés.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour planter un grand arbre ?

Pour un arbre livré en motte, pendant son repos végétatif, de mi-octobre à mi-mars selon la météo. L'automne reste la meilleure fenêtre.

Faut-il une grue pour planter un arbre adulte ?

Au-delà d'une certaine taille, oui : l'arbre se manipule par la motte, jamais par le tronc. L'accès au jardin (portail, allée, câbles) est vérifié avant même de choisir le sujet.

Combien faut-il arroser un arbre fraîchement planté ?

Régulièrement mais peu : Bradabois privilégie le goutte à goutte avec programmateur Gardena 2x 20 min en saison estivale, sinon 1x 20min par jour peut suffire en saison fraîche.

Les tuteurs restent-ils visibles dans le jardin ?

La plupart du temps oui. L'ancrage de la motte enterré tient l'arbre sans aucun piquet visible. Nous plantons 4 piquets qui prennent en tenaille la motte puis une sangle vient simplement encercler le tout. Ce système est aussi efficace que des tuteurs hors sol


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